Image : une jeune chanteuse sur scène

photo non contractuelle

Mourir sur scène… Ainsi, Dalida espérait clore sa carrière ! L’artiste n’avait pas pressenti sa triste fin anticipée par le suicide. Mais, nous, spectateurs, allons nous continuer de nous anémier devant l’estrade où un cortège de jeunes murmureuses, toutes plus défaites les unes que les autres, expriment des gazouillis insipides dignes des pleureuses d’antan ?

 

AU TEMPS DES PLEUREUSES

 

Jadis, des femmes étaient sollicitées pour feindre le chagrin des familles et les assister lors de funérailles. Aujourd’hui, d’autres murmureuses les relaient. Mais, dans un autre contexte : celui de la chanson. Elles envahissent nos écrans et s’accomplissent sur la scène. Véritables croque-notes, mornes, insignifiantes, éphémères, moulées sur le même modèle, elles sont adulées par le jeune public. Cette mode pâle de la voix exclue la gouaille et la diction révélatrices de l’interprétation. Elle profite, essentiellement, au murmure tant au modèle féminin que masculin. Si elle sied à quelques sphères sociétales incultes sur l’art du chant, elle extériorise, sans doute, les affres d’une société ingrate à leur égard. Elle tente la réplique par le biais de textes parfois authentiques mais, pour la plupart, bien mal travaillés.

Pauvre  Piaf ! Pauvre Colette Renard ! Ah, si elles entendaient ces funestes déprédations qui envahissent nos ondes. Elles auraient là un motif suffisant pour se retourner plusieurs fois par jour dans leur sépulture !

 

LA CHANSON FRANCAISE DEVALORISEE

 

Depuis plus de deux décennies, l’esprit de la chanson française, dévalorisé, se satisfait de textes dépourvus de rimes « chantantes » et de césures musicales mélodiques correspondant à la pause du scandé des paroles. Peut-être, faudrait-il rappeler qu’une chanson, c’est d’abord, un fond et une forme, un modelé rythmé et séduisant excluant jérémiades et pleurnicheries juvéniles. L’acoustique doit y trouver aussi une place d’honneur. Si certains modernes auteurs apportent une pertinence à leurs textes, notons l’absence de cette irremplaçable musicalité qui appuie les règles de la composition d’une mélodie si chère à un Debout, un Bergé, un Dassin, ou à  un Goldmann.

Mais qu’en dit un public avisé, celui qui sait encore écouter et apprécier une écriture explorée, une musique rayonnante, au delà d’une mode banale entretenue par cette génération au tempo pleurnichard ?

 

PRODUCTEURS VENAUX

 

Un auditoire malmené attend d’autres prouesses que ces sombres banalités que l’on nous impose ! Car, le talent chimérique des murmureuses, à quelques très rares exceptions, ne pourra jamais égaler, sur la scène, la virtuosité d’une Piaf, d’une Georgette Lemaire, d’une Betty Mars. Et, d’ailleurs, est-ce là l’ambition des producteurs irresponsables plus soucieux de faire des « coups » pécuniaires ? Satisfaisant le banal pour exalter des minorités, ils n’offrent plus au public une réelle qualité musicale. Qu’est devenue la force créatrice de nos ainés dans l’essentiel musical ? Elle nous renvoie à une douce nostalgie sans espoir d’y voir renaître une pleïade de véritables chanteurs. Car, une chanson sensibilisante, n’est pas un débit de paroles sans adaptation. Une chanson, mesdames et messieurs les rapporteurs de lamentations, c’est, d’abord,  » une interprétation « .

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ADIEU A LA GESTUELLE !

Cette faune « super-stars », modelée à grands renforts d’émissions « révélatrices de talents », ignore tout de l’accompagnement de la complainte. Perdue la gestuelle appropriée comme savait l’exercer une Piaf, un Brel, ou encore aujourd’hui, une Gréco. Rarissimes sont les acteurs confirmés sur la scène. Ceux qui donnent l’envolée au chant. Alors, est-ce vraiment servir les successeurs et la chanson française de conforter les pitoyables élucubrations déclamées sur un ton morne, répétitif, maussade ? Nous supportons de modestes figurants. Présentés en artistes reconnus, indépendants, ou en groupes, surfaits par les média complices, seuls des motifs financiers et minaudiers les entourent. Hélas ! Beaucoup s’enlisent dans la gadoue du médiocre. A priori, cette gabegie charrie l’art au détriment de la qualité véritablement artistique.

DROLES DE RECOMPENSES

« Planchez sur vos textes ! Dédiez leur une musicalité pénétrante. Revenez nous voir lorsque vous serez dignes de nous offrir une interprétation véritablement professionnelle… ». Voilà ce que devraient s’entendre conseiller un bon nombre de nos actuels « talentueux ». En effet, à l’époque où l’on connaissait la signification des mots : « écrire »  » chanter  » et « interpréter », l’on redoutait les réactions d’un public. Exigeant et connaisseur, il explosait les visages des plis minables avec des tomates en guise de « récompense » ! Aujourd’hui, les réserves de la production maraichère française n’y suffiraient pas pour l’emporter sur les piètres « oeuvres » que nous subissons. Elles nous donnent l’impression de voir trépasser, sur scène, ces pitoyables monotones et suicidaires.

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